Un salaire minimum pour toutes et tous: juste, nécessaire et possible!

3000 misérables francs par mois, soit 16,50 francs de l’heure. C’est ce que gagne une esthéticienne à plein-temps une fois son CFC en poche. À peine de quoi se nourrir et payer un loyer, l’assurance maladie, les transports en commun et les factures courantes. Il est inacceptable qu’une personne active à plein-temps doive être soutenue par l’Etat pour vivre. Les subventions salariales aux patrons versant de mauvais salaires - les mêmes qui s’offusquent du versement d’aides sociales aux démuni-e-s - sont indécentes et économiquement aberrantes.

En Suisse, environ 330’000 personnes travaillent à plein-temps pour un salaire horaire inférieur à 22 francs, le salaire minimum réclamé par l’initiative des syndicats. Un tiers d’entre elles disposent pourtant d’une formation professionnelle certifiée. Quotidiennement, elles fournissent un travail qualifié sans pouvoir en vivre dignement…Scandaleux, car tout métier mérite un salaire décent. De plus, elles subissent le cynisme de ceux qui clament qu’il suffit de se former pour accéder à un poste mieux rémunéré.

C’est oublier un peu vite qu’il ne ferait pas si bon vivre en Suisse si elle n’était peuplée que de chefs, de responsables de projets ou de sociologues. La droite prétend qu’en renchérissant la main-d’œuvre, le salaire minimum va provoquer le remplacement des employé-e-s par des machines. C’est de la pure démagogie! Personne n’acceptera de se faire couper les cheveux par un automate, et nous aurons toujours besoin de vendeuses pour nous conseiller dans les magasins.
Le salaire minimum ne fera pas augmenter le chômage. La littérature scientifique internationale, l’expérience de l’hôtellerie-restauration suisse où le salaire minimum a crû de plus de 50% entre 1998 et 2013, ou encore celle de magasins comme ALDI qui viennent d’augmenter le salaire minimum à 4'000 francs, le prouvent. Au contraire, le salaire minimum contribuera à créer des emplois, notamment parce que les bas salaires pourront enfin dépenser plus et donc participer à l’essor de l’économie intérieure.

En Suisse, à peine 50% des salarié-e-s sont couvert-e-s par une convention collective de travail. Dans les domaines typiquement féminins, le taux de couverture par CCT frôle même le 0%. L’avantage du salaire minimum légal est de s’appliquer là où n’existe pas de CCT. Il est dans notre intérêt à toutes et à tous que dans les branches sans convention, les patrons soient obligés de respecter certaines règles. Les salaires minimums stimuleront ainsi le partenariat social, et permettront d’avoir de bonnes conditions pour l’ensemble des salarié-e-s, celles et ceux qui ont déjà un meilleur salaire inclu-e-s.

Enfin, le salaire minimum est la meilleure protection contre le dumping salarial. Il profitera non seulement aux salarié-e-s mais également aux employeurs versant des salaires décents, qui n’auront alors plus à craindre la concurrence déloyale de ceux qui font de la sous-enchère. Votons donc OUI au salaire minimum le 18 mai!

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