LACI : la double solidarité a des limites

Une affaire de curseur. Et donc de rapport de forces parlementaires. Voilà sur quoi débouchent les décisions politiques, surtout quand elles impliquent de gros sous. Quant à la position du curseur, elle découle de la conception de la solidarité et de la rigueur défendue par les protagonistes. La polémique née du refus de la gauche et des syndicats d’assainir l’assurance-chômage, selon la solution de révision de la LACI issue des Chambres fédérales, en est un nouvel exemple. Elle permet de mettre en évidence que les revenus élevés contribuent en réalité doublement à son financement.

Même si la révision est bien partie dans les sondages, la partie n’est pas gagnée pour ses partisans. Elle l’est d’autant moins que les bénéficiaires de revenus élevés pourraient se rebeller face à l’apport qui leur est demandé d’un pour-cent supplémentaire, dit de solidarité. Et de découvrir que leur apport est double : direct et indirect. C’est donc peu dire que les opposants à la révision jouent un jeu dangereux qui suppose une maîtrise parfaite de l’art du boomerang.

Directement, les heureux bénéficiaires de revenus élevés contribueront en effet de 160 millions au moins au désendettement de la LACI. Mais il faut ajouter leur participation indirecte, totalement passée sous silence, dans le financement de l’assurance-chômage via la contribution des pouvoirs publics. Une participation qui est de 531 millions (dont 395 provenant de la seule Confédération) sur un total de recettes de 7 128 millions et qui devrait augmenter de 26 millions.

Or d’où vient ce demi-milliard ? Pour une forte proportion de l’impôt fédéral direct dont la redoutable progressivité est connue de tous ceux qui le paient. La LACI est donc bel et bien marquée au coin d’une double solidarité des revenus élevés.

Et les leçons de morale de la gauche et des syndicats tiennent tout simplement de la pure démagogie, alliée à une volonté de culpabiliser les citoyens. C'est-à-dire d’une fuite devant leurs responsabilités. Il ne faut pas chercher plus loin les vrais démanteleurs de cette assurance sociale en péril. A culpabilisation, culpabilisation et demie !

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