Quand la bureaucratie s’immisce dans la chambre des enfants

Il y a quelques siècles, un enfant naissait dans une étable aux bords du Jourdain. On connaît la suite: le bœuf, l’âne gris et les rois mages. 2010 ans plus tard, les autorités fédérales, dans leur sagesse tout aussi célèbre, ont décidé de mettre un point final à cette pratique odieuse qui consiste à laisser des bambins dans les mains de personnes non qualifiées.

Après les multiples réglementations fixant le fonctionnement des garderies et entrainant, ma foi, la fermeture de plusieurs crèches somme toute bien utiles, Berne s’est mis en tête de réglementer de manière générale les obligations légales à remplir pour pouvoir veiller sur un enfant.

Votre voisine de pallier, mère elle-même de quelques chérubins, avait jusqu’ici l’outrecuidance de s’occuper de votre progéniture une dizaine d’heures par semaine contre une petite rémunération ? Sachez qu’il lui faudra prochainement suivre des cours pour apprendre à élever des enfants. Dans le fond, on se demande bien comment on a fait jusqu’ici. Ayant moi-même été gardé à plusieurs reprises par des personnes non qualifiées, je suis soulagé d’être devenu adulte sans plus de séquelles.

Cette volonté de réglementer chaque profession, d’imposer des cours de tout et n’importe à quoi à quiconque aurait l’audace d’exercer une activité contre rémunération relève de l’acharnement. Les pédagogues bernois décident maintenant de lutter contre l’acte irresponsable de confier des enfants à des pères et des mères sans la moindre autorisation fédérale. Et on échappe de justesse à une obligation visant les grands-parents. Ceux-ci pourront encore garder leurs petits-enfants sans disposer d’un CFC. On a eu chaud.

La bureaucratie pourrait se définir comme l’art de réglementer un domaine qui fonctionnait bien jusqu’à l’intervention de l’Etat. Je peine à comprendre en quoi le fait d’être rémunéré pour garder un enfant crée la nécessité de diplôme fédéral. Est-ce pour entretenir une nouvelle armada de fonctionnaires propres à décider qui peut et qui ne peut pas garder un enfant ? Ou simplement le reflet une énième volonté de nier la valeur de l’expérience acquise sans diplôme ? Reste à espérer que l’initiative PLR contre la bureaucratie devienne un rempart contre ces abus.

Si ces règles kafkaïennes finissent réellement par s’imposer, alors je prends le pari que dans les quinze prochaines années, Berne imposera l’obligation de suivre une formation à toute femme enceinte d’un premier enfant. Ainsi, les enfants seront toujours un peu plus étatisés et les parents déresponsabilisés. Et la police de débarquer dans la crèche de la nativité.

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