La profession médicale est-elle encore une profession libérale?

Ironie du sort! Le jour même où j’ai été élu comme représentant de la FMH à la vice-présidence de l’Union suisse des professions libérales (USPL), la société fraîchement fondée «Médecins de familles Suisse» lançait l’initiative populaire «Oui à la médecine de famille». Cette initiative entend introduire le texte suivant dans la Constitution: «(…), la Confédération et les cantons veillent à ce que la population dispose d’une offre de soins médicaux suffisante, accessible à tous, complète et de haute qualité fournie par des médecins de famille».

La Confédération et les cantons, à savoir l’Etat, devraient ainsi être responsables des soins médicaux. S’agit-il d’une nouvelle étape vers l’étatisation de la médecine?

Il ne saurait être question d’imaginer un tel déplacement de compétences pour les avocats, les pharmaciens, les architectes. La date du 1er octobre 2009 marquera donc l’histoire de la médecine en Suisse. À partir du 1er janvier 2010, l’USPL dont les médecins sont actuellement encore membres, fête son 20 e anniversaire. L’USPL a été portée sur les fonds baptismaux le 7 mai 1990 à Berne. Sa tâche principale est de défendre et de promouvoir les intérêts des professions libérales, lesquelles se caractérisent par des prestations intellectuelles hautement qualifiées et des prestations fournies sur la base de connaissances professionnelles acquises dans le cadre d’une formation étendue. Une autre caractéristique de ces professions est la relation de confiance établie avec le mandant, le client ou le patient , et justifiant la confidentialité professionnelle ou l’obligation légale de garder le secret. Ces dernières années, la modification des conditions-cadres a rendu plus difficile l’exercice d’une profession libérale. L’USPL estime que cette situation est due entre autres aux régulations étatiques: «Les médecins passeront-ils plus de temps devant leur ordinateur qu’avec des patients parce qu’ils seront submergés par la paperasse?» demande notre président Jacques de Haller.

Lorsque dans les années 90 je m’engageais en tant que vice-président de l’ASMAC, aux côtés du président Ludwig Heuss, en faveur de l’amélioration des horaires de travail et des salaires des assistants et des chefs de clinique, je ne pouvais pas imaginer quelles en seraient les conséquences pour la profession médicale dans son ensemble. Mais aujourd’hui, nous y voilà: «C’est l’affaire de la Confédération et des Cantons.» Lorsque nous fêterons le 40e anniversaire de l’USPL, serons-nous encore une profession libérale? J’en doute fort. La socialisation des coûts médicaux, introduite avec effet contraignant le 1er janvier 1996 dans la LAMal, a marqué un pas décisif vers l’extinction de notre profession libérale. Avec l’initiative populaire «Oui à la médecine de famille», a-t-on déjà dit le dernier mot à ce sujet?

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