4000 francs pour vivre, oui c’est le minimum

3000 francs par mois, soit 16,50 francs de l’heure, c’est le salaire misérable d’une coiffeuse formée à plein-temps. À peine de quoi se nourrir et payer un loyer, l’assurance maladie, les transports en commun et les factures courantes. Alors le week-end, entre le cinéma et les pop-corn, elle doit choisir. Et pas question de partir en vacances.
Est-ce que vous vous sentez à l’aise quand vous vous prélassez chez la coiffeuse, tout en sachant que malgré son excellent travail, elle galère ? Moi pas! Ce type de salaire est inacceptable, d’autant qu’il est une réalité dans de nombreuses professions. Lorsqu’elles terminent leurs apprentissages respectifs, les fleuristes touchent entre 3'000 et 3'500 francs, les vendeuses entre 3'100 et 4'200 francs et les assistantes en pharmacie entre 3'100 et 4'000 francs. Actuellement en Suisse, 10 % des salarié-e-s travaillent à plein-temps pour moins de 4 000 francs par mois. Parmi ses 400'000 personnes, 300'000 sont des femmes. En effet, sept sur dix actifs à plein-temps dont le salaire mensuel est inférieur à 4 000 francs sont des femmes. Cherchez l’erreur une première fois…Un tiers de ces personnes ont un CFC… Cherchez l’erreur une deuxième fois!
En Suisse, le problème des bas salaires est minimisé, avec l’argument fallacieux qu’il s’agirait d’un phénomène passager lié à l’entrée dans la vie professionnelle. C’est complètement faux : 77 % des personnes touchant de bas salaires ont 25 ans ou plus, et donc terminé depuis longtemps leur formation initiale.
Les opposants prétendent aussi que le salaire minimum menacerait un partenariat social à l’origine de la prospérité de notre pays. Mais ce partenariat ne concerne que la moitié des salarié-e-s, et non celles et ceux qui travaillent dans les domaines typiquement féminins où le taux de couverture par CCT avoisine le 0%. Avec un taux de couverture conventionnelle d’environ 50 %, notre partenariat social est sous-développé en comparaison internationale.
Certains craignent que le peuple rejette l’an prochain les accords bilatéraux sur la libre circulation des personnes. Mais les personnes critiques face à l’ouverture des frontières ont surtout peur d’une chose : que l’on engage un concurrent venu d’ailleurs pour moins cher. Or, un salaire minimum imposé est la meilleure protection contre la sous-enchère salariale, et donc un moyen efficace pour rassurer la population. La droite devrait y songer si elle veut combattre efficacement les velléités de fermeture de notre pays, et continuer à faire du commerce avec l’Union européenne.
L’argument selon lequel les salaires minimums entraîneraient une hausse du chômage et de l’immigration ne tient pas davantage. Dans l’hôtellerie-restauration, où le salaire minimum a augmenté de plus de 40 % ces dernières années, le chômage n’a pas progressé, bien au contraire : la part de cette branche au chômage total a baissé.
Pour contrer la pression sur les salaires, pour maintenir la cohésion sociale et l’ouverture de notre pays, je vous invite à accepter l’initiative sur les salaires minimums.
Maria Bernasconi, conseillère nationale socialiste genevoise

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