Halte à la consommation frénétique sur le dos des employé-e-s

Qui a besoin d’acheter des saucisses à rôtir à 2 heures du matin ? Personne. D’ailleurs, il est en général interdit de la griller à cette heure avancée. Pour convaincre le peuple d’accepter la révision de la loi sur le travail le 22 septembre, la droite brandit un slogan ridicule, qui cache une énorme tromperie. Elle parle de «légaliser les saucisses à rôtir» au nom de la défense de la liberté du consommateur, alors que l’enjeu est de précariser les conditions de travail des employé-e-s des stations-service.

Les vendeuses et vendeurs, ainsi que le personnel de nettoyage et de sécurité, seront moins bien protégés, notamment contre le travail à des heures incompatibles avec une vie de famille. A terme, cette dérégulation entraînera la fin du droit de ne pas travailler à des heures indues et donc aussi des compensations financières existantes jusqu’ici. Avec le travail sur appel et des horaires de plus en plus fragmentés, la pression va augmenter en écrasant les plus vulnérables, en particulier les femmes déjà largement confrontées à la difficulté de concilier leurs différents impératifs.

Car au fond, c’est d’un premier pas vers la journée de travail 24h sur 24 et 7 jours sur 7 qu’il s’agit: le parlement fédéral a déjà accepté plusieurs projets de dérégulation en ce sens. C’est un choix de société: supprimer le congé du dimanche, ce précieux moment consacré à la famille, aux amis, aux passions, bref à tout ce qui nous relie au monde, c’est prendre le risque de perdre le sens de l’existence. Evitons d’ouvrir une dangereuse brèche dans la protection des salariés du commerce de détail.

Au final, cette brèche ne servira pas les intérêts des consommateurs et consommatrices, mais bien ceux des gros distributeurs. Afin d’augmenter leur chiffre d’affaires, ils diversifieront leur offre et finiront par vendre de tout et n’importe quoi au milieu de la nuit. Dans un mouvement de concurrence effrénée, les ouvertures nocturnes se multiplieront bien au-delà de la vingtaine de shops de stations-service actuellement ouverts entre 1 et 5h du matin.

Depuis 2006 dans les cantons, la population a refusé 12 fois sur 13 d’étendre les horaires d’ouverture des magasins. Si une pharmacie ouverte peut s’avérer indispensable à tout heure, un magasin de pompe à essence n’offre rien de plus que ce qui est disponible en journée dans les commerces ordinaires. Organisons-nous pour dire halte à la frénésie de consommation et à la recherche de profits sur les dos des employés et des employées. Votons non le 22 septembre.

Maria Bernasconi, conseillère nationale socialiste genevoise, membre du comité de l'USS

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